Quand la grâce fait agir

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Quelques figures du protestantisme qui ont marqué durablement le monde.

Quand la grâce fait agir

La Réforme protestante a rappelé avec force que le salut est un cadeau de Dieu. Personne ne peut le mériter par ses efforts. Un tel message pousse-t-il à l’inaction? L’histoire montre le contraire.

Les réformateurs n’ont pas seulement produit des idées, mais ils ont fortement contribué à la mutation sociale et à la transformation économique du monde. Les domaines sont divers et nombreux. Jugez-en.

On a souvent prétendu que la Réforme avait réfréné la production artistique. C’est partiellement vrai en ce qui concerne la peinture, la sculpture… mais c’est insuffisant.

En effet, les sociétés occidentales sont redevables à la Réforme dans le domaine musical. Que dire de l’influence de Jean-Sébastien Bach (1685-1750)? L’œuvre de ce talentueux musicien tient une place centrale dans l’expression culturelle et spirituelle du protestantisme avec notamment l’inoubliable et douce mélodie «Jésus que ma joie demeure» sans oublier la Passion selon Jean et Matthieu. Quel orchestre philharmonique contemporain n’a pas repris les œuvres de Bach? La poésie n’est pas en reste avec Clément Marot (1496-1544) et sa traduction en français des psaumes dont une cinquantaine ont été versifiés.

S’agissant de l’action sociale, deux noms s’imposent: William Booth (1829-1912) qui a fondé l’Armée du Salut en 1878 avec l’aide précieuse de son épouse. Touché par la misère sociale, ce chrétien a voulu agir concrètement en déployant son énergie à servir les laissés pour compte de la société. Pour lui, il était inconcevable d’annoncer l’Évangile aux nécessiteux sans s’attaquer aux conditions sociales qui les paralysaient. Aussi, fallait-il d’abord nourrir les affamés, leur offrir un savon pour leur permettre ainsi de retrouver leur dignité humaine et enfin leur annoncer le salut en Jésus-Christ. L’œuvre de W. Booth se perpétue. Chaque année, ce sont des centaines de milliers d’hommes et de femmes qui sont soutenus matériellement et spirituellement par l’Armée du Salut.

Le deuxième nom qui mérite d’être mentionné est celui de Louis-Lucien Rochat (1849-1917), fondateur de la Croix Bleue. Découvrant les ravages de l’alcoolisme et de la pression sociale qui s’exerçait en faveur de la consommation de boissons alcoolisées, il proposa une méthode radicale: l’abstinence. Celle-ci devait conduire l’alcoolique à rompre complètement et définitivement avec son penchant pour l’alcool en comptant évidemment sur l’aide de Dieu. Cette association existe toujours et a même fait des émules avec l’association des Alcooliques Anonymes.

Il faut aussi mentionner Jean-Henry Dunant (1828-1910). Très marqué par le Réveil religieux du XIXe siècle, ce Genevois a donné une leçon d’humanité en secourant les blessés des guerres napoléoniennes sans distinction de nationalité. Il publie un ouvrage en 1862 «Un souvenir de Solférino» qui bouleverse l’Europe. La société genevoise d’utilité publique à laquelle il est rattaché, deviendra l’ancêtre de la Croix rouge internationale. En vertu de ses engagements pour le bien être des autres, Henry Dunant a été le premier à recevoir le prix Nobel de la Paix (1901).

La Réforme a mis aussi en avant les thèmes de la dignité de l’homme, ce n’est donc pas un hasard si les protestants ont été les premiers à s’engager contre la traite négrière et l’esclavage des Noirs aux XVIIIe et XIXe siècles. Une figure incontournable est celle de l’Anglais, d’obédience méthodiste, William Wilberforce (1759-1833). Membre fondateur de l’Anti-Slave Trade Society, il contribue à faire abolir l’esclavage par le Parlement anglais en 1833, quelques semaines avant sa mort. En France, le pasteur de l’Église réformée de Bolbec, Guillaume de Félice (1803-1871), au nom de ses valeurs chrétiennes, s’engage dans le mouvement abolitionniste. Grâce à sa plume lumineuse, il publie des articles dans différents journaux puis se lance dans une campagne de pétition destinée à sensibiliser l’opinion publique autour de la question de l’esclavage. Il n’hésite pas à la qualifier de crime ou encore d’iniquité des iniquités.

Tous ces exemples témoignent de la vitalité du protestantisme. Il a certes nourri une réflexion théologique importante, mais il a aussi produit des hommes de grande qualité.

S’il est impossible d’être complet, il me faut cependant ajouter à cette galerie de portraits la figure emblématique de Martin Luther King. L’action de ce pasteur baptiste noir américain s’est concrétisée aujourd’hui avec l’arrivée à la Maison Blanche du premier président noir des États-Unis. Barack Obama symbolise non seulement la nouvelle Amérique mais perpétue aussi le rêve d’une société où la couleur de peau ne serait plus un facteur discriminant.

Qui dira encore que croire que Dieu accorde son salut gratuitement rend les gens paresseux?

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