Un artiste, homme de l’ombre

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Grâce à ses illustrations, son graphisme et sa mise en page, Damien Baslé anime votre magazine et met en valeur ses textes. Il est temps de faire sa connaissance !

Un artiste, homme de l’ombre

• Damien, qu’est-ce ce qui vous a conduit à exercer ce métier ?

J’ai toujours été intéressé par les métiers de l’image. Dans mon adolescence, où j’avais rejeté toutes règles et contraintes, je souhaitais devenir peintre. À 20 ans, suite à ma conversion, j’ai jeté toutes mes œuvres au grand désespoir de mes proches ! J’avais certainement le besoin de faire le tri ! Par la suite, progressivement, j’ai senti le besoin de mettre ma pratique artistique au service de ma nouvelle espérance.

• Vous évoquez votre conversion. Comment êtes-vous venu à la foi chrétienne ?

Mon éducation a été basée sur des valeurs de tolérance, mais l’idée de Dieu n’y avait pas de place. Ma rencontre avec le Christ s’est faite dans une église évangélique. Suite au message, j’ai été bouleversé en réalisant le sens de la croix du Christ. J’ai littéralement vu Jésus crucifié et son regard de compassion sur moi.

• En consultant votre site Internet, on note la diversité de votre expérience.

Quand j’ai commencé ma carrière, c’était avec le crayon et le papier, sans ordinateur. Aujourd’hui, c’est un autre métier quoique le fond reste le même ; ce sont les outils qui ont changé avec les scans, les logiciels, Internet...

J’ai dû faire certains choix, en particulier quand je travaillais en agence de communication. On y manipule sans cesse les images mais aussi les concepts, parfois aux dépens de l’éthique. Aujourd’hui je travaille en indépendant, à la maison. Cela me donne une grande liberté.

• Vous vivez dans une belle région qui vous inspire et dont vous êtes un acteur local.

C’est vrai que la nature m’émeut et que ma vocation de peintre même si elle n'est désormais plus qu'un hobby ! Montélier est un charmant grand village aux fontaines contemporaines et jardins municipaux qui le classent parmi les beaux villages fleuris de France. J'ai eu, en effet, l'honneur de créer son logo. Des entreprises et organismes régionaux, ont aussi recours à mes services pour leur communication.

• Où puisez-vous les illustrations pour Croire et Vivre ?

Si je n'utilise pas mes propres photos, je vais puiser dans les banques d'images du Net. Certaines photos sont libres de droits, d'autres sont sous Copyright, c'est-à-dire qu'il faut acheter la photo. Mais je fais régulièrement des montages. J'utilise une photo sous Copyright pour le fond et je rajoute des scans pour coller au thème et le personnaliser. Ça devient une nouvelle création.

• Ne trouvez-vous pas que l'image prend trop de place aujourd'hui ?

Même si nous ne sommes pas tous hyper sensibles à l'image, nous baignons dans cette atmosphère visuelle. En particulier dans les grandes villes. Ayant vécu à Paris, je me souviens comment je pouvais me sentir affligé par certaines publicités. Un tableau de Picasso pour vendre une voiture, un camembert avec la figure de Moïse où il est écrit qu'il n'y a rien au-dessus de Président ! Cela me rend perplexe ! Mais aussi il y a l'émotion que peuvent créer en nous certaines images. Les rétrospectives des peintres impressionnistes, par exemple, rencontrent toujours un vif succès.

• Qu'est-ce qui vous guide dans le choix des illustrations ? Quels principes ?

Pour une couverture de livre, par exemple, j'essaie de me mettre à la place du lecteur sans tomber dans le piège de trop vouloir en dire en « résumant » le contenu du livre par l'image. Je dois susciter l'intérêt en créant une image pertinente, actuelle et esthétique. Il faut que la couverture corresponde à notre époque, qu'elle colle au thème, soit lisible rapidement et que l'esthétisme interpelle. Chaque thème est un défi au processus créatif.

• Pensez-vous que l'image empêche de réfléchir ?

Pour moi l'image doit-être au service du texte, même si le choix d'une image peut parfois amener un point de vue complémentaire au travers d'une légende. J'aime apporter un décalage, un brin d'humour, de l'inattendu.

• Y a-t-il un domaine relatif à l'image que vous aimeriez évoquer ?

Il y a aussi les aspects du signe, de la symbolique qui nous font parfois défaut aux protestants, peut-être par peur de la représentation (ou de l'idolâtrie). Or, je m'interroge sur la place de l'image dans notre culte personnel. La croix est pour moi un symbole fort. La vue d'un crucifix me bouleverse à chaque fois comme au jour de ma conversion.

Je dois ajouter que j'interviens aussi dans le cadre de mon Église pour illustrer la prédication par une peinture « en live ». Je sais aussi, que certains comme le collectif d'artistes Majestart(1), interviennent pour animer visuellement les célébrations. Le visuel devient ainsi expression de la louange... La nature aussi est image. Chacun la voit avec son filtre personnel mais elle m'interpelle beaucoup et ma région est riche en évocations. La création de Dieu et la création de l'homme, ça peut-être le sujet d'un livre !

• En tant que maquettiste de ce journal, souhaitez-vous apporter votre opinion ?

J'apprécie la liberté de création qui m'est donnée et je me sens en adéquation avec les sujets généralement abordés. Même si certains thèmes me sont éloignés, je trouve utile de les voir traités pour se renseigner et élargir son champ d'évaluation.

1. http://majestart.com

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