J’étais un mort-vivant

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Quand on se lève le matin, on ne sait pas toujours ce qui va nous arriver dans la journée…
J’étais un mort-vivant
Nous avions pris l’habitude de nous tenir sur le bord de la route, à l’entrée des villages. Notre seul point commun, c’était la lèpre, cette maladie de peau qui nous avait défigurés. On nous avait chassés de nos villages car les gens avaient peur qu’on les rende impurs. Nous étions comme des morts-vivants. Nous avions commencé à cheminer ensemble, vagabonds et solidaires dans notre détresse. Sans jamais rester trop longtemps au même endroit, nous parcourions le pays en implorant la compassion des passants : une aumône, un pain, un châle…

Première surprise

Plusieurs nous avaient appris qu’un certain Jésus, un prédicateur itinérant, était dans les parages. Du coup, quand on a vu arriver un homme entouré d’une petite bande, on a vite compris que c’était lui. Jacob, le plus âgé d’entre nous, l’apostropha selon notre habitude : « Jésus, maître, aie compassion de nous ! » L’homme s’est arrêté et nous a regardés d’un air indéchiffrable. Nous attendions quelques pièces ou un peu de nourriture, mais, à notre grande surprise, il nous a envoyés voir les prêtres. Nous nous sommes alors dit que peut-être les gens du coin étaient plus accueillants que les autres et que les prêtres auraient peut-être quelque chose à nous donner. Nous avons donc décidé de lui faire confiance, sans trop savoir quand même si on n’allait pas nous repousser comme d’habitude.

Deuxième surprise

Et voici que sur le chemin, il s’est passé quelque chose d’incroyable. Jacob, Philippe, Noé… et tous les autres, ont littéralement changé de peau pendant qu’ils marchaient ! Moi aussi, j’ai vu, de mes propres yeux, les cloques, les plaques, les plaies et les boutons disparaître de mes mains, de mes bras, de mes jambes… La discussion s’est tout de suite emballée entre nous. Nous étions tout excités. C’est sûr, le prêtre allait nous déclarer purs et nous pourrions rejoindre nos familles, trouver un travail, peut-être même nous marier… D’un coup, tout était devenu possible ! C’est effectivement ce qui s’est passé : après nous avoir examinés, le prêtre nous a délivré notre certificat de pureté.

Et maintenant, que faire ?

Nous voilà maintenant au centre du village, prêts à nous séparer pour retourner chacun chez soi. Moi, je ne sais pas quoi faire. J’ai l’impression que ma guérison annonce autre chose. J’étais moribond, et me voilà vivant. J’étais exclu de la société, et me voilà accueilli. J’étais honteux, et me voilà libre. Comment vivre normalement après cela ? Ce qui nous est arrivé est un miracle et je ne veux pas passer à côté de son sens. Notre guérison est un cadeau du Dieu qui fait vivre. Je sens bien que ce cadeau est lié à ce Jésus que nous avons vu ce matin. Il y avait quelque chose dans sa voix, dans son regard…

Ma décision est prise

Il faut absolument que je retourne le voir. Je suis sûr qu’il aura la clef pour m’expliquer ce que j’ai vécu. Il m’aidera à comprendre, il me montrera comment répondre à Dieu. Dieu m’a sauvé, je veux le remercier. Pour cela, j’ai besoin de Jésus. Oui, c’est décidé, je vais aller le trouver.
Ce récit est inspiré de l’évangile selon Luc 17.11-19

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