Mémoires d’âne

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Parmi les millions d’ânes de l’époque biblique, certains ont laissé un souvenir marquant. Écoutez plutôt ce que nous rapporte l’un d’entre eux.

Mémoires d’âne

Hi-han! Hiiii-han! Ah oui, c’est vrai, vous ne comprenez pas ma langue! Quel dommage! Mais bon, puisque j’ai appris la vôtre, je vais quand même pouvoir vous parler.

Ne m’avez-vous pas reconnu? C’est vrai que cela fait bien longtemps… Je suis le petit ânon que Jésus a envoyé chercher la veille de son entrée triomphale à Jérusalem. Ça ne vous dit rien? Nous y reviendrons tout à l’heure.

Obéissance par amour

Aujourd’hui, je voudrais vous faire parcourir la galerie des portraits de ma grange familiale. Nous, les ânes, nous sommes très conservateurs. Je commencerai par une de mes très anciennes ancêtres puisque l’histoire remonte à quelques 4.000 ans. Je l’aime beaucoup.

Un jour, au petit matin, son maître, un certain Abraham, a placé du bois sur son dos et ils sont partis, avec son fils et deux serviteurs, jusqu’à la montagne de Morija. Arrivé à son pied, cet homme décharge le bois et le charge sur les épaules de son fils. Mon ancêtre n’en croit pas ses yeux: c’est à l’âne de porter les fardeaux, pas aux hommes! À leur retour, il n’en croit pas ses oreilles quand il entend le père et le fils parler de ce qui s'est passé sur la montagne. Imaginez-vous! Le père avait été à deux doigts d’offrir son fils en sacrifice. Heureusement, Dieu l’en a empêché. Cet homme rayonnait d’amour et de confiance en Dieu.

Pardon et réconciliation

Poursuivons notre route. Vous voyez ce portrait de famille? Eux aussi ont vécu une histoire extraordinaire. La famine sévissait en Canaan. Ils étaient descendus en Égypte avec leurs maîtres, dix frères, pour y chercher du blé. Lors du troisième voyage, ils étaient encore sous les fenêtres du palais quand ils ont entendu des pleurs, puis des exclamations de stupeur et enfin le bruit d’un festin.

Le croiriez-vous? Les maîtres de mes ancêtres n’étaient autres que les frères du bras droit du pharaon, un certain Joseph. Des années auparavant ils l’avaient vendu par jalousie à des marchands de passage et avaient fait croire à leur père que leur frère était mort. Le jour de mon récit, Joseph avait décidé de se faire reconnaître de ses frères. Ils ont été stupéfaits d'apprendre la nouvelle. Encore plus quand ils ont compris que Joseph avait décidé de pardonner le crime de ses frères. Vous imaginez leur joie! Ils l’ont même entendu dire: «C’est Dieu qui m’a envoyé ici pour vous sauver la vie».

Ne touchez pas aux ânes

Je ne vous parlerai pas de tous mes ancêtres, mais je veux vous raconter quelque chose qui me touche beaucoup. Savez-vous que Dieu nous a accordé un statut spécial? Nous sommes tout particulièrement nommés dans les Dix commandements quand il est question de ne pas convoiter ce qui appartient à notre prochain. Il n’y a pas que sa femme, son esclave ou sa servante qui sont nommés. Nous aussi, au même titre que les bœufs! Dans un autre texte de la Bible, Dieu va jusqu’à ordonner qu’on aide à nous remettre debout si nous ployons sous notre lourde charge. De plus, il a voulu que nous nous reposions nous aussi le jour du sabbat. Une telle sollicitude de la part de Dieu m’aide à trotter quand la charge est lourde et que l’ânier, impatient, m’aiguillonne.

La sagesse de l’ânesse

Ah! Voici le portrait que je cherchais. Là, c’est mon arrière-arrière grand-mère. Cette ânesse-ci est la gloire de notre famille. Figurez-vous qu’elle a vu un ange! C’est une drôle d’histoire.

Un roi avait demandé à Balaam, le maître de mon aïeule et un bien drôle de prophète, de jeter une malédiction sur le peuple de Dieu. Après bien des hésitations, Balaam y est allé. En chemin, mon ancêtre voit un ange, elle est si émue qu’elle va en tous sens. Son maître, incapable de la contrôler, la frappe par trois fois. C’est, hélas, ce qui nous arrive souvent! Est-il possible que Balaam, un voyant, n’ait pas vu l’ange? Excédée, mon aïeule ouvre la bouche et lui demande, dans la langue des hommes: «Qu’est-ce que je t’ai fait, pour que tu me frappes trois fois?» Ce prophète un peu spécial a l’air de trouver normal qu’elle parle comme lui, mais tout à coup, il voit l’ange lui aussi.

Pensez-vous qu’il l’a remerciée d’avoir été plus clairvoyante que lui? Hélas non. Au moins a-t-il prêté attention au message de l’ange!

Efficace même mort

Hi! hi! hi! Elle est bien bonne celle-là! C’est mort que mon ancêtre s’est rendu célèbre. Pensez donc, on a même donné son nom à une place! Bon, vous voulez connaître son histoire? Un certain Samson, un Israélite, était très très costaud. Sa force avait permis de repousser l’ennemi philistin. Chacun essayait de rendre coup pour coup. Un jour où Samson était vraiment acculé, il a réussi à s’emparer de la mâchoire de mon aïeul mort et s'en est servi comme d'une arme. Tous ses ennemis ont fui et à la fin de la bataille, Samson a chanté: «Avec une mâchoire d’âne, je les ai bien frappés, avec une mâchoire d’âne, mille hommes j’ai tués». Le lieu de la bataille porte maintenant le nom de Ramath-Léhi, ce qui veut dire: hauteur de la mâchoire. Dieu a plus d’une solution dans son sac!

Humble monture

Sans parler de tous mes illustres prédécesseurs, j’aimerais cependant ajouter un récit très personnel. Je suis né à Bethfagé, petit village tout près de Jérusalem. Je n’avais pas tout à fait un an, et j’étais à côté de ma mère quand deux inconnus l’ont détachée et nous ont emmenés tous deux en disant simplement au propriétaire: «Le Seigneur en a besoin». Après une petite trotte, on pose des vêtements sur mon dos, puis un homme s’assoit dessus. C’est la première fois que cela m’arrive. C’est un peu lourd pour mes frêles pattes mais je redresse la tête et me laisse conduire. On entre dans la grande ville, Jérusalem, et c’est bizarre: des gens demandent qui est la personne perchée sur mon dos, d’autres étendent leurs vêtements sur le chemin, agitent des branches d’arbre et crient: «Gloire à Dieu! Que Dieu bénisse celui qui vient en son nom! Que Dieu bénisse le Royaume qui vient!»

J’en suis encore tout ému. C’est donc un roi que j’ai porté! Mais pourquoi donc n’a-t-il pas été sur un char ou sur un cheval? J’ai compris plus tard: ce Roi des rois n’est pas orgueilleux; il est humble. C’est pour cela qu’il m’a choisi. Quelques jours après, on l’a cloué sur une croix pour le faire mourir. Il s’est laissé faire. Maman m’a dit que c’est en souvenir de lui que nous avons une croix dessinée sur le dos.

Pour aller plus loin

Genèse 22.1-19; 42-45; Exode 20.17; 23.5,12; Nombres 22-24; Juges 15.1-17; Matthieu 21.1-10; Marc 11.1-10.

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