« Votre mère en a pour trois à six mois »

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Dieu donne toujours ce qu’il ordonne quand on fait appel à lui.
« Votre mère en a pour trois à six mois »
L’annonce était violente, comme un couperet qui tombe. Non parce que j’aimais ma mère, mais parce que j’avais un profond dégoût pour elle, un sentiment d’aversion. Ma mère allait mourir et je me sentais incapable de lui manifester le moindre geste d’affection…

Incapable d’aimer ma mère

Autrefois, j’adorais ma mère. Bien qu’en dépression profonde, elle était le centre de ma vie, même après mon mariage. Je vibrais au diapason de ses hauts et de ses bas, surtout de ses bas, car des hauts, il y en avait rarement. Ses très nombreuses tentatives de suicide étaient suivies de comas. Sa souffrance était la mienne. Puis, elle s’était enfoncée dans les profondeurs des ténèbres jusqu’au point de connaître des périodes de « folie » et de faire des choses graves. C’est alors que mes sentiments ont commencé à changer. J’avais moins d’amour. Sa situation empirant, j’ai commencé à avoir honte d’elle. Je n’éprouvais pas de haine, juste de la honte.

J’avais besoin d’une guérison

À l’annonce du pronostic du médecin, je suis tombée au pied de mon lit. Déchirée, je me suis confiée à Dieu : « Je crois que je peux obéir à tous tes commandements, mais honorer ma mère... Ce n’est pas que je ne veux pas, mais c’est que je ne peux pas ! Qu’y a-t-il d’honorable chez cette femme ? » En même temps, je lui ai posé un ultimatum, déterminée à ne pas quitter la chambre tant qu’il n’aurait pas déversé sur moi des fontaines d’amour pour elle. J’ai attendu là, dans le silence. Tout à coup j’ai entendu, ou cru entendre, Dieu me dire de manière presque audible tellement c’était clair :
- Je te demande d’honorer ta mère, ne serait-ce que parce qu’elle t’a donné la vie.
- C’est tout, Seigneur, juste parce qu’elle a accouché de moi ?
- Oui.
J’ai séché mes larmes et me suis levée pour aller la voir, bien décidée à obéir à Dieu. À son chevet, oubliant ma répulsion, je l’ai prise dans mes bras. À son tour, elle m’a serrée très fort. C’était comme si je ressentais tout l’amour qu’elle n’avait pas reçu de moi pendant tant d’années. J’ai retenu mes larmes. J’avais honte, mais cette fois, de moi. Sur le chemin du retour, dans la voiture, des fontaines d’amour ont alors coulé dans mon cœur.

Le pardon libère

Dès le lendemain, j’ai commencé à prendre soin d’elle. Son état s’est vite dégradé. Avec l’augmentation des doses de morphine, toute conversation était difficile. Elle était souvent confuse. Je priais le Seigneur de donner à maman la possibilité de se repentir. Cela s’est produit un matin. À ma grande surprise, elle était lucide. Effondrée, elle m’a demandé pardon pour tout le mal qu’elle nous avait fait, à ma sœur et à moi. Nous avons pleuré, puis elle a demandé pardon à Dieu. Lorsque je l’ai quittée, elle resplendissait de joie.
Vers les derniers jours de sa vie, je l’ai serrée dans mes bras en la remerciant de la maman qu’elle avait été pour moi. Sans elle, je ne serais pas devenue la personne que je suis aujourd’hui. Une larme a coulé sur son visage. À cet instant, j’ai compris que je la libérais du poids de la culpabilité.
Maman est partie dans mes bras. Dieu a permis que je sois seule avec elle comme je le lui avais demandé. Pas un bruit, pas de soignants. Juste elle et moi.














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