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Ce que le chômage m’a appris

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Ce que le chômage m’a appris

Jean-Louis est ingénieur de formation. Sa vie a été bouleversée à deux reprises quand il s’est retrouvé au chômage.

C’est toute la vie qui change quand on se retrouve au chômage. La recherche d’un travail est la grande préoccupation qui vous prend au moins deux heures par jour.

J’ai vécu une première période sans travail quand nous habitions Saint-Dié. Ces 4 ans et demi ont été difficiles. Heureusement, j’ai été soutenu par mon entourage même si au début les gens pensaient que le chômage n’existait pas pour un cadre. Cette prise de conscience a entraîné un véritable soutien spirituel et matériel. Mon expérience a été utile à d’autres dans la même situation. Une caisse de soutien a été créée.

Vers des relations différentes

Le travail est une partie importante d’une vie. Son utilité va bien au-delà de la simple subsistance car il permet des rencontres et fait vivre avec d’autres parfois plus longtemps qu’avec sa propre famille. Il ouvre également la possibilité d’échanger des expériences, y compris entre générations. La perte d’un travail est aussi la perte de tout cela. Contrairement à la retraite, le chômage ne se prépare pas vraiment.

Se retrouver sans travail modifie aussi considérablement la relation avec les autres. Cependant, cela permet aussi de mieux comprendre ceux qui traversent des difficultés. Je l’ai découvert après mon premier licenciement. Grâce à cette disponibilité forcée, j’ai pu être plus proche d’une famille qui était dans une situation très précaire ; nous avons pu nous entraider et nous soutenir. De plus, j’ai été fortement soutenu par ma femme et par toute ma famille. C’est après coup que j’ai mesuré mon privilège car souvent le chômage désunit les couples et brise les familles.

L’importance de la foi

Le croyant peut remettre sa situation chaque jour au pied de son Seigneur. C’est ce que je fais car retrouver un emploi à 58 ans relève aujourd’hui du miracle. Mais je crois aux miracles… et surtout à la fidélité de Dieu qui promet « qu’Il sera avec nous tous les jours jusqu’à la fin du monde » et « qu’Il n’abandonne pas ses fidèles » (1).

Il arrive souvent que le chômeur se retrouve démuni, oublié du jour au lendemain par ses anciens collègues. Un peu comme s’il n’existait plus. Certains ont alors tendance à se refermer sur eux-mêmes. Je n’ai jamais choisi cette voie car le chômage n’est ni une maladie honteuse ni une dévalorisation de la personne. Nous sommes dans un monde qui bouge trop vite et qui ne se soucie pas de l’humain. Heureusement pour moi, mon Église est comme une grande famille. Mes relations avec ses membres se sont fortifiées dans cette épreuve. Quel privilège !

J’ai encore 4 ans avant de prendre ma retraite. Humainement, c’est inquiétant car ma femme ne travaille que partiellement, mais je veux continuer à m’accrocher à cette parole de la Bible : « Nous sommes accablés de toutes sortes de souffrances, mais non écrasés ; nous sommes inquiets, mais non désespérés … Dieu ne nous abandonne pas…. »(2).

1. Matthieu 28.20 ; Psaume 37.28

2. 2 Corinthiens 4.8-9

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