Je suis ce que je fais ?

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On mesure souvent la valeur d’une personne à l’aune de ses aptitudes professionnelles. À raison ?

Je suis ce que je fais ?

« Salut ! Comment tu t’appelles ? Tu fais quoi ? Ah, chômeur… Et tu cherches dans quel domaine ? Ah oui… c’est bouché. Bon, ben, au revoir. » Voilà, synthétisé rapidement, le style de rencontre qu’on peut faire très souvent quand on est chômeur. Le chômeur n’est pas intéressant : il ne gagne pas assez d’argent pour avoir et donc être (selon les critères de notre société), il ne peut parler des cancans des collègues et il n’a pas assez d’argent pour jouir de la société de consommation. Dans un monde où nous sommes ce que nous avons ou ce que nous faisons, un chômeur semble perdre toute sa valeur. C’est bien plus que ça. Avec la diminution des revenus, c’est le logement que l’on perd pour louer un plus petit, moins cher. Suit le réseau social (collègues, amis, relations) qui disparaît petit à petit. Parfois c’est la famille qui s’étiole ou se désagrège. Pour finir, il arrive qu’il ne reste plus que moi… face à moi.

Qui est-on lorsqu’on n’a pas et lorsqu’on ne peut pas faire ? Car ce n’est pas l’envie qui manque. Mais même pour faire du bénévolat, un chômeur doit recevoir une autorisation spéciale qui n’est pas toujours accordée (en tout cas en Belgique). Pardi, il pourrait ainsi prendre la place d’un travailleur… On comprend qu’on soit ainsi vite marginalisé, que l’image de soi se déprécie. Si la famille ou le réseau social ne sont pas solides, en quelques mois cela peut être la catastrophe.

L’homme vu par Dieu

Dans l’Évangile, Jésus ne demande jamais à ses interlocuteurs quelle est leur occupation. Il ne s’intéresse pas non plus à la valeur de leurs avoirs, sauf quand ces avoirs sont devenus le « dieu » de l’interlocuteur. Jésus s’intéresse d’abord à l’homme, à la personne. « Qu’est-ce qui te fait vivre ? » semble-t-il demander. « Pourquoi es-tu prêt à donner ton temps, ton énergie, ton talent ? » Cette démarche est libératrice. Ma valeur ne dépend pas de ce que je fais ou de ce que j’ai, mais de ce qui m’habite et me fait vivre. Et là, le Christ est sans détour : la seule chose qui vaille la peine d’être recherchée et vécue, c’est la relation avec Dieu, relation qui conduit à une relation renouvelée avec les hommes. Et dans ce domaine-là, il n’y a pas de chômage, jamais.

Je n’ai connu le chômage que pendant une période assez courte, grâce à Dieu. Non seulement j’ai cherché et obtenu l’autorisation de travailler bénévolement mais j’ai aussi choisi un bénévolat qui me mettait en relation avec d’autres. J’ai aussi pris le temps de soigner ma relation avec Dieu en Jésus-Christ. À la question : « Qu’est-ce que tu fais ? », j’avais quelque chose à répondre. Et paradoxalement, souvent, j’ai vu une lueur d’envie dans les yeux de ceux qui « travaillaient ». Car le travail aussi peut-être abrutissant et destructeur. Comme quoi la valeur d’un homme ne dépend pas de ce qu’il fait, l’Évangile en est témoin.

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