La galère

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Fé était au bout du rouleau. Se sentant mal comme jamais, elle avait laissé tomber à terre le reste du peu de principes qui lui restaient.

La galère

Je suis née dans une famille où il y avait déjà cinq enfants. Cinq filles! Très vite j’ai compris ce qui me concernait: je n’ai jamais été ni attendue, ni désirée. L’on m’a rapporté qu’au moment de ma naissance, mon père ne voulait même pas me voir.

Je n’ai pas gardé un bon souvenir de mon enfance. L’amour de ma mère suscitait la jalousie de mes sœurs. Le décès de mon père, quand j’avais neuf ans, a presque été un soulagement pour moi. En effet il avait un caractère violent, même avec maman. Il a été bien vite remplacé par un autre homme, qui hélas n’a pas été meilleur. J’ai subi ses harcèlements qui ont duré jusqu’à mon mariage. J’avais seize ans et nous avons raconté des mensonges pour obtenir une dérogation. Au début tout allait bien, jusqu’au moment où mon mari a été contraint de purger une peine de prison pour des faits antérieurs. À sa sortie de prison il était complètement différent.

J’ai décidé de le quitter avec notre enfant. Durant cette période j’ai vécu une liaison qui semblait prometteuse, la naissance d’une petite fille, et une nouvelle fois… la déception! C’est à ce moment que mon mari a refait surface et m’a demandé de revenir vivre avec lui. J’ai refusé dans un premier temps, d’autant qu’il me parlait de sa foi en Dieu, et je trouvais ça bizarre. Je me souviens de l’avoir malmené rudement, fait des reproches, comme pour le tester et il est resté cool.

Spirale descendante

Un jour à l’occasion d’une énième dispute avec mon compagnon, j’ai pris mes deux enfants et je l’ai quitté. N’ayant aucune autre solution, j’ai débarqué chez mon mari. Là, à ma grande stupéfaction, il m’a dit que cela faisait quatre ans qu’il m’attendait. Me voici donc dans ce logement au sein d’un centre d’accueil pour gens paumés. On y parlait de Dieu, de vie nouvelle; ne comprenant pas grand chose, j’ai tenu huit jours. Je n’en pouvais plus: moi je voulais m’amuser, j’étais jeune, je voulais vivre, j’avais été trop longtemps bridée. Ce désaccord a été suivi du retour chez mon compagnon.

À nouveau des disputes avec comme conséquences une rupture et, comme il ne voulait pas me laisser les enfants, je suis partie toute seule. Pendant des mois, j’ai versé dans les excès en tout genre: sorties, danses, boissons, drogues, nuits blanches. Les conséquences de ces débordements ont eu pour effet de me freiner quelque peu, je n’avais que la peau sur les os. J’ai choisi de retourner voir ma mère. C’est durant ce séjour que j’ai commencé à réaliser l’ampleur des dégâts.

Les nuages cachaient le soleil

Un jour j’ai été invitée à une rencontre qui avait lieu dans le centre où vivait mon mari. J’ai accepté surtout pour revoir mon fils, car il l’avait pris en charge. J’ai donc assisté au service religieux et le reste de la journée a été plein de discussion, de partage.

Le soir, dans ma chambre, beaucoup de questions tourbillonnaient dans ma tête. Et si les choses entendues étaient réelles? Je me sentais mal comme jamais, j’étais vraiment au bout du rouleau, j’avais laissé tomber à terre le peu de principes qui me restaient. Et si Dieu était vraiment capable de changer cette galère?

Quelque temps plus tard, j’ai accepté de refaire un essai de vie commune avec mon mari, entouré, accompagné, conseillé par les responsables du centre. Il fallait tout refaire, tout reconsolider dans ma vie.

Quelque chose de bizarre montait en moi au fil des jours: je me sentais toute sale, tout ce passé qui me faisait mal, où est la sortie? Alors un soir, je m’en souviens, tandis que j’élevais mes pensées, mon cœur vers Dieu, comme j’y avais été encouragée, il est venu me rencontrer. Le Dieu d’amour m’a tendu la main, il m’a donné envie de recommencer tout à nouveau, moi qui étais désespérée, qui ne voulais plus vivre. Depuis, il est devenu, et reste, pour moi un Père fidèle.

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