La mère Girard

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Quand la solidarité était la couverture sociale...

La mère Girard

Je me souviens des années 50. C’était une époque merveilleuse pour le petit garçon que j’étais. Élevé dans une ferme par des parents chrétiens exemplaires au milieu de quatre frères et sœur, j’aimais tout particulièrement le dimanche matin où nous allions en famille écouter l’Évangile à l’Église. Certains passages de la Bible m’ont particulièrement marqué comme la parabole du bon Samaritain ou encore la multiplication des pains grâce aux cinq pains et deux poissons qu’un garçon a donnés à Jésus.

On se connaissaît tous dans le village et les pauvres étaient près de nous. Le confort n’existait d’ailleurs pour personne : ni salle de bain, ni eau courante. Pas plus de chauffage central ou de réfrigérateur. Très peu d’argent et aucune aide sociale.

Je me souviens

La mère Girard était née en 1870. Elle habitait une toute petite maison sans électricité située à 500 mètres de notre ferme. Vieille femme courbée en deux, elle possédait un petit carré de terre pour cultiver son jardin, deux chèvres et une quinzaine de lapins. Elle puisait l’eau dans son puits à tuile et faisait du bon café. Pour nourrir ses animaux, elle coupait l’herbe le long de la route et la ramenait sur son tricycle. Elle vivait avec presque rien mais ne se plaignait jamais.

Ma famille et moi aimions partager notre nourriture avec elle ; nous lui en apportions régulièrement. Mais elle avait aussi sa fierté : elle venait en tricycle à la maison pour coudre et éplucher fruits et légumes. Nous l’aimions beaucoup et c’était réciproque. Elle n’était jamais malade. Elle est décédée à l’âge de 94 ans.

Le village

Mais la solidarité et le partage ne s’arrêtaient pas là. Je me souviens du très pluvieux mois de novembre 1960. Alors que nous devions récolter notre maïs manuellement, beaucoup de voisins se sont offerts pour nous aider à sauver notre récolte. Ma mère se faisait alors une joie d’assumer les repas pour tout ce monde. Tout se faisait dans la bonne humeur.

Aujourd’hui, la mère Girard n’est plus là et on récolte le maïs avec de grosses machines. Il y a toutefois toujours la veuve, l’orphelin ou le voisin qui ont besoin de notre aide.

« Aime ton prochain comme toi-même » a rappelé Jésus. Cette parole ne passera jamais. (Matthieu 24.35)

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