Les plaisirs de la vie

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Chargée de communication dans une administration, épouse d’un dirigeant d’entreprise, deux filles qui réussissent, que demander de plus. L’argent donne droit à une vie de plaisirs, on se gave jusqu’à plus faim, mais…

Les plaisirs de la vie

C’est vrai, j’avais un super boulot: proche collaboratrice d’un homme politique. Je jouissais aussi d’une bonne santé et j’en ai bien profité pendant de longues années. Avec mon mari, nous faisions des voyages, de plus en plus souvent, de plus en plus longtemps, de plus en plus loin, de plus en plus coûteux. Et je n’étais jamais satisfaite.

Déclic à Cuba

Puis il y a eu un voyage à Cuba qui ne s’est pas bien passé. Ce voyage a été gâché. La météo n’en était pas la cause, pas plus que le bel hôtel. J’ai pris conscience du vide de ma vie. J’avais faim dans l’abondance, et j’étais seule dans la multitude.

Un matin, près de la Havane, au bout d’une immense plage de sable blanc, il y avait des barbelés à ne pas franchir pour ceux qui vivaient de l’autre côté de l’hôtel. Derrière il y avait des jeunes. Je me revois encore leur distribuant des bâtons de rouges à lèvres usés. Ils riaient malgré tout, un sourire reconnaissant, remerciant du peu que je donnais. Je les photographiais dans leur misère. Une fois à Paris, les photos circuleraient…

Ce même jour au repas, une dame a crié au scandale parce que le pain n’était pas arrivé sur les tables. Tout était là en abondance sauf le pain. Elle insultait le personnel. J’ai ressenti de la honte. Cette dame c’était moi aussi, elle me renvoyait mon image. Ma gorge s’est serrée. J’ai eu envie de pleurer. L’envie seulement. Puis j’ai oublié. Enfin, je croyais avoir oublié.

Prison dorée

De retour à Paris, je me posais des questions quant au sens de ma vie. J’ai commencé à vouloir autre chose que cette vie agréable, mais sans profondeur. J’étais dans une prison dorée. Les images revenaient et puis il y avait les photos, mais elles n’ont pas circulé. Je n’arrivais pas à les montrer.

Mon mari était très pris en semaine par ses affaires! De lourds horaires, des déplacements imprévus, de soudains séminaires! Mari exemplaire le week-end et durant les vacances! Ce que je ne savais pas, c’est que durant la semaine il me trompait. J’ai dû me rendre à l’évidence, mon mari, ce compagnon de route de 35 années, tant aimé, était infidèle.

Chacun sa route

Je me suis mise en quête, mais pas là où il fallait. J’assistais à des rencontres carrefour des religions, suivais des cycles d’analyse transactionnelle, rencontrais une chamane, me laissais enseigner sur la PNL, tentais de m’intéresser au New Age. J’étais même redevenue étudiante en m’inscrivant aux cours de l’École du Louvre.

Le bien-être était toujours ponctuel, passager et je continuais à chercher. J’évoluais dans un monde superficiel, je voulais rencontrer des gens avec de la profondeur, mais où? On lance un SOS dans ces moments-là. On crie à Dieu, sans savoir à qui on s’adresse. J’ai appelé une personne, qui avait tenté à maintes reprises, dans les années passées, de me parler de Dieu. J’ai mis mon orgueil de côté, je lui ai demandé une adresse à Paris. Elle m’a donné les coordonnées d’un pasteur qu’elle avait entendu prêcher quelques années auparavant. Quelques jours plus tard, j’ai eu le pasteur au téléphone, il m’a invitée à la réunion du dimanche matin.

Un salon de beauté

Ce dimanche de juin 1999, j’y suis allée, hésitante et très méfiante, en observatrice. Mais, dans cette salle les gens avaient quelque chose que je n’avais pas et j’en étais à me demander si leur Dieu ne tenait pas un salon de beauté.

Deux mois durant, j’ai assisté régulièrement aux rencontres sans m’engager, restant très en retrait au fond de la salle. Petit à petit mon cœur s’assouplissait. Mon entourage s’inquiétait aussi; «Chantal fait une crise d’excentricité», «l’horloge est momentanément déréglée», «ça lui passera». Non, ça ne passait pas et ça allait même en s’accentuant.

Je recevais de l’amour, je voyais de la joie, il y avait de beaux sourires. J’avais hâte que le dimanche suivant arrive. Je me sentais concernée: «tête de béton, cœur en tempête», c’était moi.

Hector et Jennie, d’anciens hippies australiens, sont venus témoigner. Dieu s’est servi de leur histoire pour me toucher, me rappelant les années où j’allais à Ibiza jouer les "beatnik".

Je commençais à lire les évangiles et Dieu ne m’a pas lâchée. Il a continué de frapper, me mettant devant des situations incroyables. Il était à l’œuvre dans mon cœur. Il avait son idée, son projet, il déposait autant de petits cailloux sur mon chemin qui sont devenus depuis mes pierres commémoratives.

Songe d’une nuit d’été

Une nuit d’août, Dieu m’a parlé par un rêve, si fort que cela m’a réveillée. Il m’invitait clairement: «Viens, viens, me disait-il». J’ai compris qu’il était entré dans mon cœur et que ma vie ne serait plus jamais la même.

Depuis, ma vie a beaucoup changé. Comme dirait l’apôtre Paul, de légères afflictions sont survenues: moins d’argent, un divorce, des filles qui vivent leur vie, l’une et l’autre à des kilomètres de la capitale. Et pourtant malgré l’épreuve, je suis épanouie, animée d’une joie constante. Je suis retournée à l’essentiel.

Dieu m’a donné l’audace d’accepter de nouveaux repères. Ce qui aurait pu être une défaite s’est transformé en victoire. Jésus m’a montré ce qu’était le véritable amour, pas celui des écrans de cinéma.

Je sais désormais qui je suis, où je vais et à qui j’appartiens. Jésus a dit qu’il était le chemin donc, en quelque sorte, je suis toujours en voyage. C’est un voyage d’aventure extraordinaire, le plus passionnant des voyages que j’ai pu faire.

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