Que dire pour consoler ?

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Simon est pasteur en Martinique. Le deuil qui a frappé son île cet été l’a amené à vivre de près la douleur et à réfléchir. La souffrance a-t-elle un sens?

Que dire pour consoler ?

Le 16 août 2005, j’étais sur un bateau qui me ramenait en Martinique, après deux semaines de vacances passées en Guadeloupe. Mon téléphone mobile sonne. Au bout, un ami me dit: «J’ai besoin de soutien psychologique». Là-dessus, il m’apprend la terrible nouvelle: un avion qui transportait 152 touristes martiniquais vient de s’écraser dans les marécages de Maracaibo au Venezuela. Son père, sa belle-mère (épouse de son père) et sa tante font partie des victimes de ce drame.

Que dire pour consoler mon ami? Quelle parole appropriée lui donner, en cette douloureuse occasion, qui pourrait alléger sa peine? Quels mots pourraient être un pont lui permettant de passer par-dessus le torrent de ses larmes et de se poser sur la berge de l’espérance qui, malgré tout, demeure?

Je suis resté sans voix, paralysé par sa peine. J’ai ressenti, en l’espace de quelques secondes, la solitude d’un homme qui vient de perdre subitement et tragiquement, trois membres de sa famille. Dans ces moments, la foule qui nous entoure devient tout à coup anonyme parce que le vide laissé au fond de l’âme est un gouffre qu’aucune autre présence ne saurait combler.

Accepter de ne pas comprendre

Un philosophe disait: «Celui qui a un pourquoi qui lui tient lieu de but, de finalité, peut traverser n’importe quel moment». Il pensait que le pourquoi permettrait de donner un sens et une direction à la vie, une signification au vécu, aussi douloureux qu’il puisse être.

Or, le pourquoi de mon ami, et celui de tous les proches des victimes de drames, reste sans «parce que». Du coup, comment pourra-t-il faire sens? Personne n’a d’explications existentielles aux tragédies qui viennent endolorir notre humanité. Et, qu’on me permette de le dire: cela vaut peut-être mieux ainsi. Car, trouver une explication à la souffrance c’est, à mon sens, justifier l’injustifiable.

L’expérience douloureuse de la souffrance pousse naturellement l’homme à vouloir saisir le sens de ce qu’il vit, à chercher à comprendre la signification de l’expérience vécue. Mais nous devons savoir que la souffrance n’a pas de sens. C’est un vide qui nous happe et dans lequel nous tourbillonnons, incapables de nous accrocher à quoi que ce soit. La souffrance nous pousse à la révolte et à la désespérance. En elle-même, elle est insensée, un non-sens.

C’est pourquoi, dans de tels moments, nous reste le seul soutien de l’Homme qui a crié sur une croix: «Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné?» Parce qu’il a connu et vécu la même expérience, il nous dit: «Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos».

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