Une vie transformée 1/3

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Première partie

 

Souvent insatisfait, Eugène est toujours en recherche. Il n’hésitera pas à mettre Dieu au défi. L’entendra-t-il?

Une vie transformée 1/3

Je suis le troisième de cinq enfants. Nous étions agriculteurs en Savoie, produisant ainsi l’essentiel de notre nourriture de base. Le maraîchage et le blé nous rapportaient un peu d’argent ainsi que les quelques moutons, lapins, poules ou légumes frais que nous pouvions vendre. Papa travaillait aussi aux Chemins de Fer. Nous étions des croyants peu pratiquants et j’ai été au catéchisme à l’église du village comme tous les enfants de mon âge dans les années 60.

Illusions et désillusions

À l’adolescence, j’ai recherché le bonheur: d’où pouvait-il venir? Notre confort s’était pourtant bien amélioré à la ferme! Nous avions maintenant des toilettes à l’intérieur, une salle de bain, la télévision… mais non, nous n’étions pas plus heureux.

Lors de ma première année d’internat au lycée, j’avais pris parmi mes modèles un garçon d’un an de plus que moi. C’était un bon coureur de cross et malgré un penchant certain pour l’alcool, il était en bonne condition physique et remportait régulièrement des courses au niveau régional. Je suivais ses pas dans le cross, encouragé par mon professeur d’éducation physique et grâce à ma bonne résistance, je parvenais également à courir assez bien.

La sorte d’ivresse apportée par ce sport ne me satisfaisait pas, je me suis donc mis au judo. En quelques mois, je me suis senti (à deux reprises) l’instrument d’une force extérieure que je ne pouvais contrôler. C’est ainsi que j’ai mis à terre un partenaire deux fois plus lourd et plus fort que moi. Ne voulant pas perdre la maîtrise de mon corps, j’ai arrêté le judo et me suis mis à l’aïkido. Comme j’y ai fait la même expérience, j’en ai conclu que les arts martiaux n’étaient pas une voie pour moi.

J’ai ensuite découvert la photographie. J’ai passé de longues heures dans la chambre noire à me perfectionner dans les techniques du développement. J’en éprouvais un certain bonheur mais pas suffisant pour me combler.

Suivit une période de quelques mois durant laquelle je m’enivrais fréquemment. Plus d’une fois, je me suis réveillé le matin avec un vague souvenir de la soirée de la veille, sans savoir comment j’étais rentré ni où ma voiture était stationnée. Le mal de tête inévitable qui suivait ces quelques heures de «joie» me semblait être un prix un peu cher à payer.

La drogue: amie ou ennemie?

Quelques temps après, j’ai remarqué un groupe toujours en train de rigoler et je me suis joint à eux. Lors d’une soirée, du haschich (haschich) a circulé. L’image habituelle du drogué écroulé, esclave, amorphe… ne collait pas à ce que je voyais. Sans hésiter, j’y ai goûté. Les effets produits et l’absence de mal de tête du lendemain m’ont fait beaucoup apprécier ces produits; je me sentais libre , j’étais heureux. C’est ainsi que pendant toute une année, il ne s’est pas passé un jour sans drogue, quelle qu’elle soit: herbe, huile, cocaïne, héroïne, speed, champignon hallucinogène, LSD…

Au bout de cette période, je n’ai plus trouvé de drogue auprès de mes contacts. Leur effet s’est tout doucement estompé. C’est là que j’ai réalisé que mon prétendu bonheur n’était qu’artificiel, irréel. Or, je voulais le vrai bonheur. J’ai décidé sur le champ d’arrêter toute consommation de drogue mais c’était plus facile à dire qu’à faire! J’ai très vite découvert que j’étais maintenant dépendant de ces produits: mon corps en réclamait même si ma tête disait non!

J’ai alors entrepris d'acquérir une puissance qui me rendrait capable de vaincre la drogue. Ce furent alors des incursions dans le monde occulte avec toutes sortes d’expériences: spiritisme, yoga, bouddhisme, télépathie, ésotérisme…

Le début du tournant

C’est au début de l'année 1980 que Thierry, un camarade de déroute qui avait fini en hôpital psychiatrique, a fait une expérience spirituelle qui a transformé sa vie. Alors que depuis des mois il ne parlait plus que de suicide et de damnation, sa vie était maintenant remplie d’espoir et de joie. Quand il est venu m’en parler, je ne pouvais que constater le changement mais je me demandais combien de temps ça allait tenir. Deux mois plus tard, il vivait toujours la même chose!

À cette époque, je suivais depuis 2 ans l’enseignement de Gurdjieff et j’étais à Lyon pour m’intéresser à quelque chose qui s’apparente aux danses sacrées tibétaines. Comme c’était les vacances de Pâques, nous avions une interruption de 2 semaines. J’ai décidé de consacrer la première de ces semaines à trouver le secret de mon ami pour reprendre ensuite la vie que je menais.

Thierry m’a invité à une réunion organisée le dimanche après-midi dans une église évangélique à Chambéry, la ville voisine. J’ai été surpris de la grande différence qu’il pouvait y avoir avec la liturgie de mon enfance; ici c’était sobriété, dynamisme, vivacité, participation de tous, authenticité, attention réciproque… Les personnes qui étaient là vivaient une expérience inconnue pour moi et je voulais en avoir le coeur net!

Cette semaine-là, afin de faire, moi aussi, comme ces gens, «une expérience avec Dieu» (je ne savais pas vraiment ce que cela signifiait), je participais chaque jour aux réunions et chantais avec eux Je répondais aux propositions de prière qui pouvaient m’être faites et chez moi, j’ouvrais la Bible qui m’avait été offerte 2 ans pus tôt. À ce moment-là, je n’étais pas parvenu à comprendre ce que la Bible pouvait vouloir dire, j’étais plongé dans l’ésotérisme. Par exemple, quand je lisais que Jésus était né à Bethléhem, j’aurais voulu que cette simple affirmation ait un sens profond, caché mais je ne le trouvais pas.

Là, dans ce nouveau contexte, lisant la même chose dans la même Bible, je me suis dit: «Chouette, moi je suis né à Moûtiers!» En lisant la vie de Jésus, je découvrais la vie de quelqu’un. Quelle vie! Je retrouvais bien des choses que l’on m’avait dites au catéchisme et j’en découvrais d’autres. Cette lecture me faisait du bien mais en même temps, je ressentais comme une lutte interne: ce que je trouvais dans l’évangile n’était pas du tout ce que je vivais depuis 4 années. Pourtant, j’étais persuadé que l’issue de ce combat me serait favorable. J’ai persévéré ainsi jusqu’à la fin de la semaine.

Dieu au défi

Cette lutte ne tarda pas à provoquer en moi des angoisses grandissantes. Je me souviens encore de ma prière ce samedi soir-là. Jusqu’à ce jour, je n’avais pas encore parlé à Dieu du fond de mon coeur mais là, mon angoisse était à son comble et même la drogue que j’avais prise en quantité pour me calmer n’avait aucun effet. Ce soir-là, j’ai vraiment crié à Dieu de tout mon coeur: «Je ne sais pas si tu existes ou si tu m’entends mais si c’est le cas, demain matin, j’irai à la dernière rencontre à laquelle je me suis engagé. Si tu peux être trouvé là, ce sera donc ta dernière chance de te révéler à moi. Si tu ne le fais pas, ne viens jamais me demander des comptes ni dans cette vie, ni dans une autre s’il en existe une! J’aurai fait ma part. Et puis, si tu es ce Dieu dont il est question, alors tu me connais parfaitement; donc, n’aie pas peur, mets le paquet!» C’était le cri d’un malheureux en détresse. Je me suis ensuite endormi.

[Vous découvrirez la suite de ce témoignage dans le numéro suivant.]

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