Je suis né en 1952 à Tibériade, de parents juifs français, d’origine ashkénaze. Mon père, qui avait fait la guerre d’indépendance d’Israël, a voulu revenir en France où j’ai grandi. À dix-sept ans, je me suis engagé dans un mouvement sioniste. Rien ne nous intimidait dès lors qu’Israël était en cause.
Retour aux sources
Plus tard, revenu en Israël, j’ai fait un retour progressif à la tradition, dans un kibboutz religieux puis en Yeshiva (1), à Jérusalem. La guerre de Kippour ayant éclaté, je me suis porté volontaire. Comprenant que le peuple juif ne pouvait trouver son identité en dehors de sa foi en Dieu et de sa tradition, j’ai étudié à la Yeshiva des Étudiants à Strasbourg. La découverte du judaïsme traditionnel auprès de Rav Eliahou Abitbol est restée l’une des grandes merveilles que Dieu a faites dans ma vie. C’était un temps très intense d’étude et de prière. Levés tôt pour étudier un peu de Halakha (2) nous mangions vite le midi puis nous « dévorions » de la Guemarra (3) et de la Torah jusque tard pour terminer par l’étude de la Parasha (4). C’était bénédiction sur bénédiction ; je me sentais dans une continuité d’histoire avec les patriarches.
Écartelé
Dans l’étude, j’étais comme un poisson dans l’eau, mais dans la manière de vivre et de penser, je ressentais un écart entre la Torah et l’histoire d’Israël. Je découvrais des trésors de vérité et une force spirituelle qui semblaient largement suffisants pour permettre au peuple juif de prendre sa place au milieu des nations. Mais nous vivions comme si la pratique et l’étude de la Torah étaient isolées : tout en accomplissant les mitsvot (5), nous nous trouvions en retrait du projet de Dieu pour Israël. J’avais la curieuse impression que cette distance était maintenue à tout prix comme si on avait peur de cette grande force que Dieu a donnée au peuple juif.
Découverte
J’ai quitté la Yeshiva, convaincu que je ne retrouverais jamais une religion aussi géniale. Après quelques mois de désespoir, je suis parti chez des amis. Là, au milieu de nombreuses lectures, j’ai ouvert un Nouveau Testament. L’enseignement de Jésus m’a surpris mais il répondait pleinement à mes attentes. J’ai découvert dans ses paroles la réconciliation entre la Torah et l’histoire.
La lecture de l’Évangile m’a bouleversé. J’ai été frappé par la discussion de Jésus avec des maîtres du judaïsme pharisien au sujet de la liberté. Jésus leur dit : « Quiconque commet le péché est esclave du péché. Or l’esclave ne demeure pas toujours dans la Maison, le fils y demeure. Si donc le fils vous libère, alors, vous serez vraiment libres. » (6). La logique yeshiva me disait : « Il y a contradiction dans ces paroles : dans la Torah l’esclave trouve sa liberté en dehors de la maison et Jésus l’offre au sein de sa maison. » Pourtant les jours suivants, j’ai ressenti une grande présence de Dieu et une infinie miséricorde envers mes péchés dont je devenais soudainement conscient. Je suis entré dans une nouvelle liberté. Un accès direct à Dieu m’a été donné par le Fils. Dès que j’ai reçu Jésus comme Sauveur et Messie, Dieu m’a ouvert la porte de la prière, de la communication vivante avec lui.