Parrainer un enfant : un investissement pour le long terme

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Rencontre avec Samuel Korgo interviewé par Georges Mary.
Parrainer un enfant : un investissement pour le long terme

Votre centre soutient aujourd’hui 300 enfants. Comment les avez- vous choisis ?

C’est une question délicate car nous vivons dans un contexte général de pauvreté. Nous faisons donc une distinction entre les pauvres et les plus pauvres.
Chez nous, quand une famille est pauvre cela veut dire qu’elle peut quand même manger deux fois par jour. Elle peut se procurer des vêtements pour cacher sa nudité et disposer d’un toit pour s’abriter. Elle arrive à mettre ses enfants à l’école primaire et peut assurer quelques dépenses s’ils sont malades.
Les plus pauvres, eux, manquent du minimum vital : ils ne mangent pas deux fois par jour et n’ont accès ni aux sanitaires ni aux vêtements. Bien sûr, ils ne vont pas à l’école et ne bénéficient d’aucune considération sociale. La solidarité familiale n’arrive plus à jouer dans ces cas. Ce sont ces familles-là que nous soutenons.

Quels sont les domaines dans lesquels vous intervenez ?

La santé. Ceci comprend l’achat de médicaments nécessaires bien sûr, mais aussi les frais d’hospitalisation, voire d’évacuation. Nous assurons le suivi médical de chaque enfant et faisons aussi de la prévention en sensibilisant à certaines maladies, notamment le paludisme. Nous procurons aussi des filtres à eau pour qu’ils puissent boire de l’eau potable.
L’éducation. Les familles que nous aidons n’ont pas la possibilité de mettre leurs enfants à l’école. Notre centre paie donc leurs frais extra-scolaires, achète les fournitures ainsi que la tenue obligatoire. Nous tenons aussi à leur assurer un suivi scolaire, indispensable quand on sait que les classes peuvent aller jusqu’à 80 ou 100 élèves. Des professeurs accueillent les enfants au centre les jours où ils n’ont pas cours. Nous tenons aussi à rencontrer les parents. Nous accompagnons nos enfants jusqu’au baccalauréat.
Le spirituel. Nous offrons aux enfants la possibilité d’être en contact avec l’Évangile, d’apprendre des chants et de participer à des camps bibliques. Nous veillons, bien entendu, à ne rien leur imposer. Nous ne faisons que proposer.

N’avez-vous pas peur qu’on vous accuse de profiter de la misère des gens pour leur imposer votre religion ?

L’État n’arrivant pas à prendre correctement en charge sa population, c’est très bien vu au contraire que les Églises prennent le relais. Deplus, dans le contexte africain, les gens sont pratiquement tous croyants et les questions autour de la religion ne se posent pas du tout de la même manière qu’en Occident. En ce qui nous concerne, nous voulons témoigner de l’amour de Dieu pour les plus pauvres, conscients que nous contribuons à former les élites de demain de notre pays.

Ne vous occupez-vous que des enfants ?

Malheureusement, nos moyens propres ne nous permettent d’aider qu’un seul enfant par famille. Mais à travers des partenaires comme le SEL, nous pouvons aider toute la famille grâce au « parrainage plus ». Quand nous repérons des parents motivés et capables, nous les aidons grâce à un soutien financier adapté. Ils peuvent ainsi commencer ou développer une activité rémunératrice : mécanique, menuiserie, maçonnerie, élevage, commerce... Cette aide va profiter à toute la famille.

Que peut-on faire pour vous aider ?

Aider ceux qui nous aident ! À travers le SEL, vous pouvez devenir parrain d’un enfant et permettre ainsi à toute une famille de sortir de la misère. Un cadeau inestimable !
Samuel est pasteur au Burkina Faso. Un centre de parrainage d’enfants de Compassion Burkina Faso (partenaire du SEL) est rattaché à son Église. Nous avons profité de son passage en France pour l’interroger.

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