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Bref survol de l’histoire du bouddhisme

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Bref survol de l’histoire du bouddhisme

Pour connaître les débuts du bouddhisme, nous ne possédons que des traditions tardives. Les historiens les prennent en considération mais ne peuvent leur accorder une entière confiance.

La tradition place un premier concile, immédiatement après la mort du Bouddha. Il aurait été l’occasion pour les moines de rassembler les enseignements de leur maître et d’en assurer la transmission. Les historiens, quant à eux, doutent de l’historicité de ce premier concile.

Un deuxième concile se serait tenu un siècle plus tard à Vaisali. Des divergences en matière de règle de vie communautaire et de doctrine y apparaissent et il aboutit à un schisme en au moins deux groupes, l’un majoritaire, les Mahasamghika et un groupe minoritaire, se voulant conservateur et fidèle à l’enseignement des origines, les Sthaviravadin. Cette scission amorce la division du bouddhisme en deux grands courants que l’on retrouve aujourd’hui. Le premier est appelé par l’autre école, bouddhisme Hinayana (« du petit véhicule»), mais il préfère l’appellation, bouddhisme Theravâda (« des anciens »). Cette branche se réclame à juste titre des Sthaviravadin, mais elle n'est qu’une des écoles de ce groupe qui a connu encore de nombreuses divisions.

L’autre grande partie du bouddhisme, le bouddhisme Mahayana (« du grand véhicule »), regroupant environ 60% des bouddhistes, remonte aux Mahasamghika. Ici aussi, il connaît une grande diversité après de nombreuses divisions. Nous avons évoqué les différences entre les bouddhismes Zen et tibétain, qui sont tous deux du Mahayana, mais ce n’est qu’un exemple. On parle aussi de bouddhisme Vajrayana pour le bouddhisme tibétain. On pourrait aussi citer comme signe de cette diversité, le « bouddhisme de la terre pure » qui a de tels accents de grâce et de monothéisme que François Xavier, missionnaire jésuite au Japon, a cru un moment y voir une forme extrême-orientale de christianisme.

Le Mahayana ne renie pas les conceptions du bouddhisme ancien, lesquelles se trouvent résumées dans l’enseignement sur les 4 nobles vérités, mais il se présente comme un dépassement et un enrichissement de cet enseignement de base. L’idéal du bouddhisme ancien est le saint qui tend par le biais d’une discipline personnelle au nirvana. Pour réaliser cet idéal, il faut rejoindre la communauté des moines. Dans le bouddhisme Mahayana, la voie est ouverte à un plus grand nombre, elle ne passe plus seulement par la pratique du noble sentier octuple, mais elle peut aussi intégrer des expériences marquantes, voire la dévotion. Enfin, l’idéal n’est plus de devenir un être pleinement éveillé qui ne renaîtra plus, mais un boddhisattva qui suspend son extinction totale pour aider les autres à saisir la délivrance.

Le bouddhisme va inaugurer une période d’expansion géographique avec le grand empereur indien de la dynastie des Maurya, Asoka (vers 250 av. JC). D’abord grand guerrier, Asoka va ensuite se convertir au bouddhisme et à sa non-violence. Il sera alors un artisan de son expansion, réunissant un concile vers 250 à Pataliputra qui confirme les divergences entre les différentes écoles et amorce l’expansion de la religion en stimulant l’effort missionnaire dans le sous-continent indien et à Ceylan. Le bouddhisme poursuit son développement en Inde jusqu’au 8ème siècle de notre ère, puis décline pour disparaître assez rapidement aux 12-13ème siècles. Il ne concerne plus aujourd’hui que 0,6% de la population(1). Ce déclin du bouddhisme en Inde s’explique en partie par le renouveau progressif de l’hindouisme. Par ailleurs, les forces vives du bouddhisme ont été profondément ébranlées par les persécutions musulmanes au 10ème siècle qui ont détruit plusieurs monastères-universités comme celui de Nalanda. À Ceylan, il s’implante durablement et il représente aujourd’hui 70% de la population.

Le bouddhisme a été introduit en Chine aux 1er et 2ème siècles. Il y a prospéré, encouragé par le pouvoir politique du 5ème au 8ème siècle. Mais devenu trop puissant, il a été réprimé au 9ème siècle. On a assisté, récemment, à un renouveau dans les années 1920-1949, et on estime aujourd’hui le nombre de bouddhistes en Chine à 105 millions (8%).

Le bouddhisme a été implanté en Corée en 372. Il y a prospéré rapidement mais a été persécuté du 15ème siècle jusqu'au début du 20ème siècle. Aujourd’hui, 23% de la population (11 millions de croyants) est bouddhiste.

C'est par la Corée que le bouddhisme a été introduit au Japon en 552. Il est devenu religion d'État en 587 : il a été très impliqué avec le pouvoir jusqu’au 18ème siècle, époque d’un renouveau shintoïste. Du fait de cette implication, il a été acteur dans les persécutions contre le christianisme sous le shogounat d'Edo au début du 17ème siècle. Il concerne aujourd’hui 90 millions de personnes (71% de la population).

Aucune culture n’a sans doute autant été marquée par le bouddhisme que le Tibet. Avec l’invasion chinoise en 1951, la culture du pays a été profondément ébranlée et ses habitants persécutés, conduisant à un important exil. Le bouddhisme arrive au Tibet au 7ème siècle sous la forme du bouddhisme tantrique. Il supplante progressivement l’ancienne religion des Tibétains, le Bon. À partir du 11ème siècle, il marque toute la culture. Quatre écoles différentes s’y sont successivement développées. Le principe d’une autorité à la fois religieuse et temporelle s’instaure clairement au 16ème siècle avec la succession des dalaï-lamas de l’école dite « des bonnets jaunes », les Gelougpa. Le bouddhisme tantrique concerne aussi la Mongolie, les Tibéto-Birmans du Népal, le Bhoutan et les Sino-Tibétains du Nord de l’Inde, on estime à environ 20 millions la population concernée.

Aujourd’hui, le bouddhisme est également largement présent en Asie du Sud-Est. Il est arrivé en Birmanie au 5ème siècle puis dans les pays voisins, via la Birmanie, par voie maritime et aussi par le Sud de la Chine. Il est aujourd’hui religion d’état en Birmanie, Thaïlande, Laos et Cambodge. Dans ces quatre pays, c’est le bouddhisme cinghalais rénové au 12ème siècle qui s’est installé. Il représente respectivement 38, 61, 4 et 13 millions de personnes (soit 90%, 94%, 60% et 93% de leur population).

(1) Donner des statistiques constitue toujours un défi. Les chiffres que nous rapportons sont tirés de l’article Wikipédia, « Bouddhisme dans le monde », http://fr.wikipedia.org/wiki/Bouddhisme_dans_le_monde. Pour vérifier, ces données, nous les avons comparées à deux autres sources : Chiffres du monde 1998, Encyclopedia Universalis et une étude disponible sur le site infocatho rattaché au site informatique de la conférence des évêques de France, http://infocatho.cef.fr/Fichiers_html/Previsionnel/Panoramique/statistiques.html. On observe un bon accord entre les trois sources : il y a seulement des différences pour la Corée du Sud où infocatho monte à 50% ne retenant pas de catégorie « sans appartenance » et pour le Japon où « Chiffres du Monde » ne trouve que 38% de bouddhistes et 51% de shintoïstes.

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