12 octobre 1845. Elisabeth Fry à Paris

12 octobre 1845. Mort d’Elisabeth Fry (1780-1845).
Elle prit la tête en 1817, d’un mouvement de réforme des prisons et s’intéressa aux sans-abri (elle coopéra à la fondation d’un asile de nuit à Londres en 1820). Approuvée par le Parlement, son œuvre la met en rapport avec divers pays, notamment la France où elle visite les prisons de Paris, Rouen, Caen… et où elle est appelée à présenter un rapport au ministère de l’intérieur et au préfet de police. Son œuvre fut poursuivit par le français Etienne Grelet et par « l’amie des prisons finlandaises », Mathilda Wrede.

A Paris avec Elisabeth Fry

Dès l’âge de 37 ans elle avait conquis une belle notoriété en Angleterre, et 20 ans plus tard elle était connue dans toute l’Europe.

Elle se rendit à trois reprises à Paris (janvier 1838, mars 1839, mai 1843). Elle visita Paris, « ses palais, ses châteaux, ses hôpitaux et ses prisons ».

Hôtel –Dieu (emplacement actuel du Square Charlemagne)
Dans l’établissement des « Enfants trouvés », elle donna des conseils pratiques aux religieuses sur la façon de vêtir les petits.
Dans un hôpital d’enfants, un nourrisson criait. Elle pria la religieuse d’enlever les bandages qui l’emmaillotaient ; Aussitôt, il s’apaisa. D’autres enfants profitèrent de cette expérience : on cessa de les ligoter.

Rue de la Roquette, square  de la roquette : emplacement des prisons de la Roquette (1830-1874)
Elle est très impressionnée par « La Roquette », prison pour jeunes délinquants où, selon une discipline éclairée et charitable, six cents adolescents sont instruits et mis en mesure de rejoindre la société.

Salpêtrière
A la Salpêtrière, qui abritait plus de cinq mille malades et infirmes, elle approuva les soins qu’ils recevaient, mais déplora la négligence de leurs besoins religieux.

Dans un établissement, qu’elle parcourut, on n’apercevait d’autres symboles chrétiens que des images de la Vierge ; elle s’en étonna et réunit, dans son hôtel, une soixantaine de notables de toutes confession. Elle insista auprès d’eux sur l’importance de la vérité religieuse telle que l’Ecriture la révèle.

Prison Saint-Lazare
Elle visita à de nombreuses reprises la prison Saint-Lazare. «J’ai rarement vu dit-elle pareille scène de désordre et de mal profond : jeu, cris, tumulte ». Elle supplia qu’on prit au sérieux la réforme de l’établissement.
Elle expliqua l’Evangile aux femmes avec une telle ferveur de sympathie, que les gardiens ne purent dissimuler leur émotion.
Apercevant une Anglaise, parmi les détenues, elle lui demanda : « Depuis quand es-tu là ? –Depuis six ans ». Alors la fixant attentivement, elle ajouta : « tu n’aurais pas dû te trouver ici. » La malheureuse cacha sa figure et sanglota.  

Tuileries
Elisabeth Fry fut invitée aux Tuileries, par la famille royale. Elle offrit à la reine son recueil de « Passages bibliques ». Elle entretint Louis Philippe des réformes qui s’imposaient dans le régime pénitentiaire français.
Le programme qu’elle préconisait, partout, tenait en trois points :
-renoncer au système de l’isolement individuel pour les détenus.
-ne imposer le règle tyrannique du silence.
-laisser la clarté du jour entrer dans les prisons.
« La lumière, l’air, le privilège d’apercevoir quelque chose d’autre que les murs monotones d’une cellule, tout cela, disait-elle, est d’une importance capitale. »


Pavillon de Marsan
Elle visita la duchesse d’Orléans et lui donna des conseils sur l’éducation chrétienne des enfants.

35 rue Faubourg Saint Honoré : Ambassade d’Angleterre
Au cours des diners et des réceptions organisés en sa faveur, à Paris, elle racontait ce qu’elle venait de voir dans les prisons.  Ces réunions mondaines, ou officielles, lui fournissaient des occasions précieuses de rendre son témoignage ; elle écrit : « j’ai pu, à diverses reprises, exprimer librement la vérité chrétienne, avec charité, en ce qui regarde la bal et le théâtre. Chez notre ambassadeur, plusieurs personnes étaient en larmes durant la conversation ». 


Boulevard des Capucines
Elle fut invitée à diner chez le protestant et homme d’état, François Guizot. Assise à sa droite, elle en profita pour causer avec lui des questions sociales et religieuses dont elle avait le cœur plein.

Elle organisa un « Comité de dames » qui poursuivit son œuvre. Répondant à son appel, des dames protestantes, madame Emilie Mallet, entre autres, constituent l’œuvre de Saint-Lazare. 

 

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