13 juillet 1830. La fille d’Hébert et la première Bible de mariage

13 juillet 1830. La fille d’Hébert et la première Bible de mariage
Virginie Hébert (7 février 1793-13 juillet 1830) est la fille du révolutionnaire et journaliste Jacques-René Hébert  (1757 et guillotiné à Paris le 24 mars 1794), et de  Françoise Hébert, née Goupil  (1756, guillotinée à Paris le 13 avril 1794).

Chef de la faction des Hébertistes, surnommé d’après le titre de son journal, Le Père Duchesne, Jacques-René Hébert  avait été un des plus célèbres révolutionnaires de la période de la Terreur. Ce journaliste populaire, « déchristianisateur » absolu, était l’idole des sans-culottes. Véritable caricature de la Révolution, Jacques Hébert avait appelé dès 1792 à « promener sur des piques » les têtes des prêtres et des aristocrates. Il obtint la chute des députés girondins, devint substitut du procureur de la Commune pendant la Terreur, mais finit guillotiné à son tour, victime des luttes du pouvoir internes à la Convention.

Il avait épousé en 1792 une ancienne religieuse, Françoise Goupil. Voilà comment s’était faite la rencontre... Hébert  fréquente les séances (2 sous l’entrée) de la Société fraternelle de l'un et l'autre sexe, qui, comme son nom l’indique, s’ouvre aussi aux femmes ce qui, pour l’époque est une réelle hardiesse. Il y rencontre Françoise Goupil, d’un an son aînée, fille de commerçant, ex-religieuse du couvent de la Conception-Saint-Honoré et ardente patriote.
« C’est une jeune demoiselle fort aimable et d’un caractère excellent, écrit-il à sa sœur. […] Pour combler mon bonheur, elle a assez de fortune pour être tranquille sur son sort si la mort vient à nous séparer. »
Il l’épouse en février 1792 à l’église.
« Elle a conservé beaucoup de piété, dit Hébert, et comme je l’aime tendrement, je ne la contrarie point sur cet article et me borne simplement à quelques plaisanteries. »
Le couple va s’installer rue Saint-Antoine dans un petit appartement au troisième étage. Desgenettes, invité, raconte avoir remarqué au mur une gravure représentant le Christ à Emmaüs. Hébert avait écrit au-dessous :
« Le sans-culotte Jésus soupant avec deux de ses disciples dans le château d’un ci-devant. »

Une fille, Virginie était née le 7 février. Virginie avait d’abord été prénommée « Scipion » lors de sa déclaration à l’État civil de Paris en 1793. Ce terme étrange faisait référence aux hommes d’État de la Rome antique parés de nombreuses vertus civiques.

Ses parents guillotinés, que devint alors la petite orpheline, âgée d’un an ?
Elle fut recueillie par l’imprimeur Jacques Marquet, ancien associé de son père et probablement protestant, qui entreprit son éducation pour qu’elle devienne maitresse d’école. Elle épousa devant le pasteur Rabaut-Paumier, le 9 décembre 1809 à l’âge de 16 ans, Léon Née (1784-1856), fils du pasteur protestant d’Orléans. Quand son mari fut nommé l’année suivante à Marsauceux, aux portes de Dreux, Virginie devint donc une très jeune épouse de pasteur. Elle eut cinq enfants, dont trois moururent en bas-âge. Très engagée dans la foi protestante, Virginie Hébert-Née, tout comme son mari, est alors une figure du pré-Réveil.

Elle avait 31 ans en 1824, quand elle accepta de devenir vice-présidente de la Société biblique auxiliaire de Marsauceux. Ce groupe de dames de Marsauceux devint le premier en France à financer le don de Bibles de mariage.

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