13 septembre 1813. L’auteur d’un best-seller


Il s’agit de Valérie Boissier (1813-1894), future comtesse Agénor de Gasparin. Douée d’un réel talent littéraire, elle écrira de nombreux ouvrages de controverses, d’édification, de voyages, de scènes et de portraits. La plupart de ses livres se trouvent  désormais sur Google.

Image (13 septembre 1813. L’auteur d’un best-seller)

Le mariage du point de vue chrétien
Elle exprime dans ses livres ses préoccupations religieuses, morales et sociales. C’est le cas dans « Le mariage du point de vue chrétien », ouvrage qui sera honoré par le Prix Monthyon de l’Académie française (1843).
Trois volumes détaillent ce profond engagement de l'homme et de la femme dans ce couple chrétien tel qu'elle le conçoit au travers des textes bibliques. Aux yeux de l’auteur, le mariage chrétien constitue l'acte le plus important de l'existence après la conversion. Il doit être le reflet du lien qui unit le Christ à son église. Le bonheur se construit sur une communauté de toutes les pensées, de tous les travaux, de toutes les convictions.

A propos du veuvage
Dans le chapitre sur le veuvage, tous les douloureux sentiments d’une veuve étaient décrits :


« La nature qui reste belle, qui reste joyeuse dans notre deuil, nous ne la comprenons plus. Ni le chant des oiseaux, les feux du soleil, la verdure des arbres, le parfum des fleurs ; ces dons de Dieu qui demeurent les mêmes quand tout a changé pour nous ; cette vie au dehors avec cette mort au dedans ; ce calme extérieur avec ce bouleversement intime ; ces terribles contrastes nous rendent presque stupides d’étonnement et de douleur.
Et puis, mille détails nous brisent. C’est l’aspect d’objets qui marquent une place désormais et pour toujours abandonnée. C’est un livre entr’ouvert, c’est ce vêtement, c’est ce déchirant langage des choses inanimées qui semblent attendre, elles aussi…
Et ces enfants privés de leur appui, de leur protecteur ; leur avenir qui pèse sur nous ; leurs progrès auxquels un père ne doit plus sourire ; les nôtres qu’un regard reconnaissant ne viendra pas encourager… »

Et plus loin une promesse pour les veuves :

« Jésus prétend remplir notre cœur tout entier, mais ce n’est pas en chassant de ce cœur les sentiments qui y occupent légitimement une place… Il le fait en nous attachant à Lui, source de toute adoration et de tout bonheur. »


Un couple uni
Le couple que Valérie forme avec son mari Agénor de Gasparin, est en complète communion   enracinée dans une lecture régulière de la Bible. Sola Scriptura répète inlassablement Valérie. Agénor sera, par ailleurs, une des chevilles ouvrières de la création dans les mêmes années de l'Union des églises évangéliques libres de France.

Journal d’un voyage au Levant
En septembre 1847, Valérie de Gasparin entreprend en compagnie de son mari, un périple en Orient. De ce long voyage sortira le « Journal d’un voyage au Levant ». Le premier volume est consacré à la Grèce et le deuxième volume à l’Égypte, la Palestine et la Syrie. Valérie de Gasparin s’y intéresse aussi bien à la politique qu’à l’évangélisation.
Le couple arrive en décembre 1847 à Alexandrie. La mer est mauvaise et l’écrivain dédie de nombreuses pages à sa description, soulignant les malaises endurés par les passagers.

Mais les nouvelles, de France surtout, sont mauvaises :

« Lundi 13 mars 1848. « Le paquebot autrichien, arrivé hier à Alexandrie, apporte la nouvelle absurde d’une révolution à Paris. Le roi aurait abdiqué. La duchesse d’Orléans serait proclamée régente. Tout faux que paraît ce bruit, il nous trouble… que Dieu protège notre pays et nous dirige ! »
Plus tard dans la journée. « Nos inquiétudes augmentent ; l’événement qui nous semblait impossible ce matin, nous paraît certain ce soir… Dans notre angoisse, nous prions, nous ouvrons notre Bible : « Je ne craindrai point, je m’assure en Dieu : que me ferait l’homme mortel ? Je m’appuie en Dieu ; l’Éternel est ma force, j’accomplirai, devant l’Éternel, les vœux que je t’ai faits. »
Ô mon Dieu ! Que nous accomplissions les vœux que nous t’avons faits, le vœu de t’obéir. Une décision, Seigneur et la force de nous y soumettre ! Après tout l’Éternel règne ; rien ne se fait sans sa permission ; tout ce qu’il fait tournera au bien de ses enfants, même la souffrance, même la mort. Nous te remettons, à toi qui règnes, nos patries, nos familles bien-aimées, nous propres âmes. »

 


 

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