3 octobre 1907. La Salle Gaveau ouvre ses portes

 Image (3 octobre 1907. La Salle Gaveau ouvre ses portes)

La salle Gaveau a ouvert ses portes au 45 rue de la Boétie à Paris. Pour la saison 1907-1908, le premier concert fut donné le 3 octobre 1907 par le Bremer Lehrergeangverein. Dès cette saison, elle accueillit les concerts Lamoureux.

La salle Gaveau va accueillir de nombreuses conférences. On peut citer deux d’entre elles : sur le Titanic et sur la Bagne de Cayenne.

Conférence sur le Titanic
A la suite du naufrage du Titanic, la traduction qu’avait faite le pasteur Ruben Saillens (1855-1942) du cantique anglais, « Nearer my God to Theee », devint célèbre du jour au lendemain.

Plus haut, plus haut, c'est le cri de ma foi:
S'il faut courber la tête sous le glaive,
Je veux encor que mon âme s'élève
Plus près de Toi, mon Dieu, plus près de Toi!

Il fut exécuté par une chorale à la salle Gaveau, où Ruben Saillens donna des conférences sur ce naufrage célèbre. On le fit imprimer sur des cartes postales, sur des feuilles volantes, il fut chanté et vendu dans les rues de Paris. Il parut dans le journal Le Temps (l’équivalent du « Monde » actuel) avec une grande photo du paquebot.
C’est le cantique qu’un pasteur chanta à Mistral, le poète provençal, peu avant sa mort, et celui-ci s’écria à plusieurs reprises : « Que c’est beau ! »

Conférence sur la question du Bagne de Cayenne
Charles Péan (1901-1991) est officier de l‘armée du Salut. Dès 1928, il fait un voyage en Guyane pour enquêter sur le bagne. En 1933, il part de nouveau pour la Guyane et met en place un service destiné à faire connaître les problèmes sociaux présentés par le bagne de Cayenne et à changer l’opinion publique. Son action et le travail accompli par l’armée du Salut vont contribuer à la suppression du bagne. Dès 1936 le Front populaire constitue un comité (dont il fait parti) pour fermer le bagne.

En octobre 1936, à la salle Gaveau, le garde Sceaux, Marc Rucart, assure la présidence d’une conférence, organisée par l’Armée du Salut, sur le question du bagne il s'exclame :

« On peut condamner un coupable à la détention perpétuelle, à mort, mais notre cœur, notre sentiment intime, nos croyances diverses, notre christianisme, en particulier, nous interdisent de condamner aucun homme à descendre plus bas qu'il n'est ».

Mais il faudra attendre 1946 pour que les convois de rapatriés adoptent un rythme régulier. Embarqués par groupe de 200 à 300, plus de 3000 rapatriés quittent la Guyane jusqu'en 1953 sous la responsabilité de Salutistes.

 

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