9 juillet 1809. Jean-Jacques Keller, le pédagogue et André Gide

Jean-Jacques Keller (1809-1889) nait le dimanche 9 juillet 1809 à Zurich. Lorsqu’en août 1830, ce, jeune pédagogue Zurichois arrive à Paris, de sa Suisse natale, il est accueilli chaleureusement par le pasteur Grandpierre à la maison des Missions (85 Boulevard Montparnasse). Ce sont les bâlois qui sont à l’origine de la Société des missions évangéliques et c’est le pasteur Henri Grandpierre (1799-1874), formé à Bâle qui avait créée en 1822 de la Société des missions évangéliques de Paris auprès des peuples païens.
Des cultes réunissaient en semaine tous ceux qui sont avides de la parole de Dieu. Il y avait aussi tous les soirs une réunion vers 19h. C'est durant ces réunions intimes, à l'écoute de la Bible, en expérimentant les bienfaits de la communion fraternelle, que le jeune Jean-Jacques Keller fait la découverte de  l'évangile dans toute sa dimension et que les uns et les autres vont progresser, et devenir des hommes de foi..

Chapelle Taibout
Jean-Jacques Keller sera l’un des membres du comité directeur qui édifie la Chapelle Taibout.
La Chapelle Taitbout., va initier, une œuvre à la fois évangélisatrice (avec l’édification de chapelles annexes dans différents quartiers de Paris.) et sociale (maison d’éducation de la rue de Chevreuse).

Rue Servandoni
En 1850, une salle de réunions fut louée rue Servandoni. Jean-Jacques Keller, qui fut particulièrement actif pour l'évangélisation du quartier Latin, fut chargé de diriger cette œuvre.
 
Rue Madame : Temple du Luxembourg
En prospérant l’annexe de la rue Servandoni deviendra en 1857, l'église du Luxembourg, rue Madame. A cette occasion,  l’église du Luxembourg offrit à Jean-Jacques Keller une Bible de chaire : « A notre cher frère et ami M. Keller témoignage de reconnaissance chrétienne offert par l’église Evangélique du Luxembourg le 11 avril 1857 ».

4 rue de Chevreuse : « l’Institution Keller »
En 1834, les familles engagées dans le réveil furent à l'origine de la création d'une maison d'éducation protestante, une institution pour jeunes gens, au 4, rue de Chevreuse.
Après avoir été professeur d’allemand, puis sous-directeur au petit collège de Fontenay-aux-Roses, Jean Jacques Keller sera le fondateur-Directeur de « l’Institution Keller » ou la pension Keller (d’abord avec l’aide de Valdemar Monod).
 C’est là que devait librement s'exprimer l'esprit évangélique du réveil dans la formation de la jeunesse protestante, ainsi que les talents d’éducateur chrétien de Jean-Jacques Keller. Frédéric Monod en fut l'aumônier, et il envoya d’ailleurs tous ses (huit) enfants, et Mark Wilks (1783-1855), pasteur anglais congrégationaliste la fit connaître au milieu des non conformistes anglais et américains dont il s'occupait, ce qui explique que près de la moitié du millier d'élèves qui fréquentèrent cet établissement jusqu'en 1893, était composée d'étrangers.

Image (9 juillet 1809. Jean-Jacques Keller, le pédagogue et André Gide)

Jean-Jacques Keller y meurt le samedi 10 août 1889.

André Gide durant les années d'errance scolaire qui suivirent son passage à l'École alsacienne accumula beaucoup de retard, et ce n’est que plus tard qu'il se révéla un brillant élève. À 17 ans, après avoir épuisé plusieurs précepteurs, il entra à la pension Keller, en attendant de suivre de nouveaux cours à l'École alsacienne.
Le bon Jacob Keller, pendant dix-huit mois, enseigna à Gide tout ce qui lui avait manqué et lui fit rattraper « les années incultes ».
En outre, l’excellent précepteur se chargeait d’accompagner son élève aux cultes de la rue Madame. C'est aussi l'époque d'un tournant mystique pour le futur écrivain qui se passionnait pour les écritures et portait en permanence sur lui le Nouveau Testament dont il usait devant tous. Dans les Faux-Monnayeurs. Jean-Jacques Keller y apparaît sous les traits d'Azaïs et Gide mentionne également les difficultés financières de la pension.
Le 9 juillet 2009, Franck Keller, arrière-arrière-petit-fils de Jean-Jacques, organisait une journée commémorative pour le 200e anniversaire de la naissance de Jean-Jacques Keller.
Le Bulletin des Amis d'André Gide d'octobre 2009 donne le compte-rendu de ces débats.

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