9 octobre 1664. Benjamin Keach au pilori

9 octobre 1664. Benjamin Keach au pilori.

Image (9 octobre 1664. Benjamin Keach au pilori)

Le 9 Octobre 1664, Benjamin Keach comparaissait devant le juge Hyde.  Le crime de ce pasteur baptiste était d’avoir publié un livre d'instruction pour les enfants; sa doctrine n'étant pas conforme aux enseignements de l'Église anglicane officielle. Bien qu’il n’existe plus d’exemplaire de cette publication (et de quarante autres publications de Keach), on peut légitimement supposer son désaccord avec l'Eglise établie sur le baptême des enfants. Il croyait au baptême sur profession de foi,  réservé à ceux qui étaient capables de savoir ce qu’ils faisaient.

Le juge ne trouva pas de quoi fonder  une sentence de mort. Le jury de son côté le jugea seulement coupable d’avoir mal cité un verset biblique. Hyde intimida des jurés pour arriver finalement à la sentence suivante : 
"Benjamin Keach, vous êtes condamné pour écriture, impression et publication d'un livre séditieux et schismatique, à la  prison pour une quinzaine de jours sans caution , et au pilori deux heures durant dans deux villes..."

Mis au pilori Keach pouvait s'attendre à être raillé, puis lapidé. Mais les spectateurs, qui respectaient à ce point sa sainte vie furent  bienveillants envers lui. Ils écoutèrent attentivement l’exposé de ses convictions baptistes. Il était si convaincant que le shérif menaça de le bâillonner. Quand le ministre de l’Eglise établie éleva la voix  la foule reprocha lui sa vie impie.

La répression n'empêcha pas Benjamin de prêcher. Pas plus que d'autres arrestations. Il fut condamné à plusieurs reprises. Une fois une troupe de cavaliers le saisit et il le lia. Ils étaient sur le point de le piétiner à mort sous les sabots de leurs chevaux quand un officier est intervenu et lui a sauvé la vie. Il a été emmené en prison où il a subi beaucoup de sévices.

Comme son contemporain John Bunyan, Benjamin était un bon écrivain. Dans ses livres et brochures, qui se vendaient comme des petits pains, il défendit le baptême, l'éducation des enfants et l'utilisation du chant dans le culte. Il exhorta également ses lecteurs à s’assurer qu’ils étaient vraiment chrétiens.

Dans une de ses brochures il écrivait «Qu’est-ce qui peut rendre une personne pire que d'être un ennemi de Dieu, de Jésus-Christ, et de ce qui fait la puissance de la piété tout en pensant être un saint et un bon chrétien ? »
 Il poursuivait en expliquant la différence entre la réforme (changement extérieur) et la régénération (changement de cœur). Une des preuves de la régénération étant la haine du péché. Une haine telle que l'on serait prêt à tout perdre ou encore à subir la plus grande souffrance possible, plutôt que de pécher contre Dieu.

L'église de Benjamin va grandir rapidement. Un de ses successeurs sera grand prédicateur du 19ème siècle, Charles Spurgeon.


 

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