La médiation n’est pas toujours la solution

Extrait
Note : 40
( 1 vote )
Très prisée dans une société qui manque de repères et de structures intermédiaires efficaces, la médiation se décline de multiples manières. Pénale, judiciaire, scolaire, familiale, culturelle, citoyenne, la médiation peut aussi être « ecclésiale » et s’adapter au groupe humain qu’est une Église locale. Il faut toutefois veiller à ne pas l’investir d’attentes excessives et croire qu’elle est la panacée en matière de résolution des conflits. Elle comporte, en effet, des limites auxquelles il convient d’être attentif avant d’y avoir recours.
La médiation n’est pas toujours la solution

La médiation fait partie des modes alternatifs de régulation des conflits (Marc) et vise « à réduire, apaiser, résoudre des situations de conflits ou de différends entre des personnes(1) » au niveau collectif ou interindividuel. Elle a connu un véritable engouement à partir des années 1980 au point que l’offre, aujourd’hui foisonnante, appelle quelques clarifications.

Un seul mot, plusieurs réalités

Tout ce qui se nomme médiation ne recouvre pas, loin s’en faut, la même réalité. L’une des distinctions éclairantes tient à l’objet même de la médiation. On parle de médiation verticale quand il s’agit de traiter des demandes ou réclamations de citoyens vis-à-vis de l’État ou des services publics (ils font alors appel, selon les cas, au Médiateur de la République, au Médiateur de Radio France…). Il y a bien généralement un conflit à la base de la consultation du Médiateur, mais la médiation, qui concerne des parties inégales par nature (l’État et le citoyen, une administration publique et un usager…), vise plutôt à résoudre un problème de fonctionnement. Par contre, on parle de médiation horizontale quand il s’agit de traiter des demandes de régulation ou de résolution de différends entre des personnes (physiques ou morales) considérées comme en position d’équivalence relationnelle, au moins le temps que la médiation s’opère. Il y a donc bien un différend ou un conflit à la base de cette demande, et l’issue recherchée est celle d’un agrément qui ne lèse aucune des parties.

Un processus de communication librement consenti

Sauf cas particulier, c’est bien du côté de la médiation horizontale que se situe la médiation « ecclésiale » : entre deux membres ou deux familles de l’Église, entre un groupe et le conseil, entre le pasteur et un membre du Conseil, entre deux Églises locales… Il n’est pas inutile à ce stade d’être plus précis dans la définition de ce type de médiation. Selon Fahti Ben Mrad, il s’agit d’un :

« … processus de communication éthique reposant sur la responsabilité et l’autonomie des participants, dans lequel un tiers – impartial, sans pouvoir décisionnel ou consultatif, avec la seule autorité que lui reconnaissent les médiés – favorise par des entretiens confidentiels l’établissement, le rétablissement du lien social, la prévention ou le règlement de la situation en cause(2) (c’est nous qui soulignons) . »

Mise en valeur de la responsabilité et de l’autonomie des parties en présence, nécessité pour le médiateur de ne pas ...

1. Philip Milburn, Panorama des formes et des pratiques de médiation en France, Informations sociales, 2012/2, n°170, p. 52.

2. Fathi Ben Mrad, Définir la médiation parmi les modes alternatifs de régulation des conflits, Informations sociales, 2012/2, n°170, p. 13.

Vous aimerez aussi

Le mot francisé de "cène" révèle la distance qui sépare la pratique...
S’il  fallait  trouver  un  dénominateur  commun  aux  divers ...
S’il fallait trouver ce qui unifie et rassemble les divers articles qui sont...
Comme tout le monde, il m’est arrivé d’aller dans des Églises que je ne...

Commentaires

Ajouter un commentaire

OK
Chargement en cours ...