Je me culpabilise de haïr une personne qui m’a fait du mal

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Je me culpabilise de haïr une personne qui m’a fait du mal

On n'est jamais insensible au mal qu'on nous fait… Lors d'un accident dû à un chauffard ivre, Catherine a perdu son compagnon. Dans une lettre, elle fait part de ses sentiments : « C'est terrible de dire ça, mais si le chauffard n'était pas mort, je crois que je l'aurais tué moi-même ». Ces paroles sont dures, mais… la colère, suite à l'offense, est différente des autres formes de colère… : c'est une réaction face au mal ! …

Jésus lui-même s'est mis en colère

Au Temple de Jérusalem, il a chassé les changeurs d'argent qui… profitaient de la vente des animaux destinés aux sacrifices pour se faire de belles plus-values ; ils faisaient de cette maison de prière une sorte de supermarché ! Mais Jésus s'est aussi mis en colère lorsque, dans la synagogue de Capernaüm, on a voulu lui interdire de guérir un homme à la main paralysée sous prétexte que c'était un jour de sabbat.

Il est normal d'être en colère contre le mal qu'on nous fait : c'est un signe de bonne santé morale face au mal… Mais la colère est non seulement normale : elle est nécessaire !

Voici ce qu'écrivait en 1992 Éva Thomas, qui avait publié un livre, Le viol du silence, dans lequel elle parlait de son parcours de vie suite à l'inceste dont elle avait été la victime :

« J'ai été violée à 15 ans par mon père. Il m'a fallu trente années pour accéder à la colère et échapper à la culpabilité que je portais à la place du vrai coupable… la violence se retournait contre moi, pour me détruire. Jusqu'au moment où j'ai pu trouver les mots justes et prononcer : " Il n'avait pas le droit ! " Quand j'ai pu penser et crier : " Mon père est un criminel ", une certaine paix s'est installée en moi »…

L'offense exige une réaction de colère. 

La blessure de l'offense entraîne parfois de profonds temps de dépression. C'est par la colère qu'on en sort, par ce cri de l'offensé qui s'exclame : « Ce qu'il m'a fait, ce n'est pas juste ! » Et je pense à ce passage de la Bible qui dit : « Mettez-vous en colère, mais ne péchez pas. » …Toute la question est là : comment vais-je gérer cette colère légitime ? Si je me laisse envahir par elle, cette colère contre le mal va se muer en une haine destructrice, et je vais répondre au mal par le mal, et m'enfoncer toujours plus dans la rancune…

Ce n'est pas à nous de condamner

Il nous faut apprendre à aimer. Et aimer, c'est comprendre que c'est notre offenseur qui a le plus perdu dans l'offense. C'est lui qui s'est rendu coupable ; c'est lui qui a besoin d'être libéré et d'être gagné à la vérité. Suis-je prêt à aller vers lui, d'une manière ou d'une autre, pour lui parler de ce qu'il a fait et de mon désir de lui pardonner ? C'est dans cette attitude d'amour que se trouve la clé de l'apaisement de la rancune.

Dieu, qui aime pardonner, n'a-t-il pas agi ainsi ? Il ne s'est pas enfermé dans sa colère contre le mal que commettent les hommes, mais par amour pour nous, il a décidé de venir nous parler de nos offenses par Jésus-Christ et de rendre le pardon possible.

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Commentaires

Anna
02 juillet, à 06:57
L'apaisement de la rancune ne passe pas forcément par une démarche où l'on va discuter avec son offenseur. Je me vois très mal dire à une ancienne esclave sexuelle de perdre le reste de sa vie à essayer de comprendre pourquoi ses offenseurs ont agi de la sorte, etc. Ce n'est pas ça l'amour du prochain et les victimes ne sont pas responsables du salut de leurs bourreaux. Tant mieux si certaines personnes arrivent à des niveaux de quasi-sainteté et vont dire à leurs bourreaux "je t'aime, je prie que Jésus te délivre", je ne pense pas que Dieu en voudra à celui ou celle qui ne fera pas cette démarche.

La rancune et son enfant, la haine, sont le résultat d'une peine, d'une couleur non exprimée. Il faut qu'elle sorte et l'Esprit Saint de Dieu nous assiste dans le processus d'expulsion. Par contre, quand tout ceci part et que l'amour de Dieu vient prendre la place, je ne pense pas que l'Éternel attend de la personne dont le coeur a été brisé, qu'il essaie de comprendre ce qui s'est passé dans la tête de l'offenseur.

Non! Aimer son prochain, c'est ne pas lui souhaiter du mal, ne pas lui en cause délibérément et comme le dit l'AT, même donner de l'eau à la bête perdue de ton ennemi puis la lui ramener. C'est tout. Ceux qui se la jouent "j'ai adopté le meurtrier de mon fils" font partie de la minorité et ont reçu des grâces spéciales de Dieu pour pouvoir faire cela. Nulle part, ce n'est écrit dans la Bible que c'est une condition générale pour plaire à Dieu, alors arrêtons dans les milieux chrétiens de rendre le christianisme plus pénible et impossible qu'il ne semble pour les gens qui ont connu des choses atroces et ignobles répétitives pendant longtemps!
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