Père, pardonne-leur

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Ce jour-là, l’amour a définitivement vaincu la haine.*

Père, pardonne-leur
« On emmène des bandits pour les faire mourir avec Jésus. Ils arrivent à l’endroit appelé “Le Crâne”. Là, les soldats clouent Jésus sur une croix. Ils clouent aussi les deux bandits, l’un à sa droite, l’autre à sa gauche. Jésus dit : “Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font” » (Luc 23.32-34).
Le moment de l’épreuve arrive. Le Christ, l’innocent Fils de Dieu, est étendu sur une croix dressée, en une douloureuse agonie… Comment Jésus réagira-t-il ? Que va-t-il dire ?... Jésus redresse sa tête couronnée d’épines et s’écrie : « Père, pardonne-leur car ils ne savent ce qu’ils font. »
C’est la plus belle heure de Jésus : c’est sa réponse céleste à son rendez-vous terrestre avec le destin.
Nous percevons la grandeur de cette prière en la confrontant avec la nature. La nature ne pardonne pas. Devant les appels suppliants de l’homme surpris par un ouragan furieux ou le cri d’angoisse du maçon tombant de l’échafaudage, la nature n’exprime qu’une indifférence froide, calme et sans passion. Elle doit rester éternellement fidèle à ses lois fixes et immuables. La nature ne pardonne pas, elle ne peut pas pardonner.
Ou bien comparez la prière de Jésus avec la lenteur de l’homme à pardonner. Nous vivons selon une philosophie qui veut que la vie consiste à se venger ou à sauver la face. Nous nous inclinons devant l’autel de la revanche… Allez dans une prison et interrogez ses occupants, qui ont écrit des lignes honteuses sur les pages de leurs vies. Par-delà les barreaux, ils vous diront que la société est lente au pardon.
« Ils ne savent pas ce qu’ils font » dit Jésus. L’aveuglement était leur trouble habituel. Et le nœud de la question est ici : désirons-nous être aveugles ?
Jésus savait que la vieille philosophie de l’œil pour l’œil laisserait chacun aveugle. Il ne chercha pas à vaincre le mal par le mal. Il vainquit le mal par le bien. Crucifié par la haine, il répondit par l’amour. Quelle leçon magnifique !
Chaque fois que je regarde vers la croix, je me rappelle la grandeur de Dieu et la puissance rédemptrice de Jésus-Christ.
Quand je contemple cette croix dressée, je pense à la puissance illimitée de Dieu, mais aussi à la sordide faiblesse de l’homme. Je pense à l’éclat divin, mais aussi au poids de l’humain. Je pense au Christ en sa perfection, à l’homme en son abjection.
Nous devons voir dans la croix le symbole magnifique de l’amour vainqueur de la haine et de la lumière victorieuse des ténèbres. Mais en proclamant cette glorieuse affirmation, n’oublions jamais que notre Seigneur et Maître fut cloué à la croix par l’aveuglement des hommes. Ceux qui le crucifièrent ne savaient pas ce qu’ils faisaient.
* Cet article est extrait de La force d’aimer, Martin Luther King, Casterman, Paris, 1964, pp. 49-51.



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